Il y a encore quelques jours, je n'avais jamais entendu parlé de nashis. Les parents de l'Homme sont allés faire un petit séjour en Bretagne et la propriétaire de leur gîte leur à fait cadeau de ces fruits qu'elle a appelés "pomme-poire". Comme ils savent que je suis curieuse en cuisine, ils m'en ont fait cadeau de quelques uns.
Un fruit à l'allure de pomme et à la texture et au goût plus proche de la poire, fallait que je cherche ce que ça pouvait bien être !!!
Alors voilà ce sont des nashis (littéralement "poire" en japonais). Ces fruits sont originaires d'Asie mais il semblerait que la Bretagne leur convienne ;-)

Comme si une découverte culinaire par jour ne suffisait pas, j'ai également reçu ce jour-là dans ma boîte aux lettres un petit paquet envoyé par la si délicieuse Kakou. Et il contenait... des fèves tonka !
Je n'avais jamais senti ce parfum envoûtant d'amande amère !  C'était merveilleux ! Je me serais presque crue à l'école primaire avec mon petit pot de colle Cléopatre en train de racler la pâte blanche avec la petite languette et de l'étaler sur mon cahier pour coller la page polycopiée (ahhhh... l'odeur des pages polycopiées encore humides imprimées de violet... allez on n'arrête, on va croire que je sniffe tout ce qui me passe à porté de nez).
D'ailleurs seules les personnes de mon âge peuvent comprendre cette addiction à la colle Cléopatre ! Je n'ai jamais été jusqu'à la manger, contrairement à de nombreux copains de classe mais je pense que cette odeur particulière aura marqué beaucoup de personnes de ma génération.

A partir de ce moment là, mon cerveau a marché en mode automatique : nashis-poires-amandes-tonka... une évidence : il fallait associer ces deux ingrédients magiques. Un petit tour sur le blog de Sophie et son école buissonnière : voilà ce sera un gâteau comme ça ! Il a l'air tellement gourmand et bien moelleux... J'ai juste zappé la fleur d'oranger pour laisser la vedette à la fève tonka.

 

nashis2

 

Pour les nashis au sirop :
6 nashis
4 c à s d'eau
3 c à s de miel
1/4 de fève de tonka râpée

Pour la pâte :
4 oeufs
90 g de farine de petit épeautre
125 g de poudre d'amande
4 c à s d'huile d'olive
2 c à s d'eau
1 c à c de levure
4 c à s de miel
3/4 de le fève tonka râpée

 

Dans une casserole, préparer le sirop : mélanger l'eau, le miel et la fève tonka râpée et faire chauffer à feu doux pour faire fondre le miel.
Éplucher les nashis, les couper en 8 et les faire pocher dans le sirop une dizaine de minutes. Ils doivent être tendres et parfumés.
Laisser refroidir.

Dans un saladier, mélanger les ingrédients secs : farine, poudre d'amande et levure.

Casser les oeufs en séparant les blancs des jaunes et battre les blancs en neige bien ferme.

Mélanger les jaunes d'oeuf, l'huile d'olive, le miel, l'eau et la fève tonka. Ajouter les ingrédients secs puis les blancs battus en neige. Incorporer délicatement pour ne pas les casser.

Pour éviter les problèmes au moment du démoulage, découper une feuille de papier sulfurisé en un rond à la dimension du fond de votre moule à gâteau. On évite également de beurrer le plat.
Égoutter les nashis et réserver le sirop de pochage. Disposer les fruits dans le fond du moule. Verser la pâte dessus.

Cuire environ 20 minutes à four chaud th 6 (Sophie ajoute 15 minutes à th 4 mais pour moi, ça n'a pas été nécessaire, la lame de mon couteau plantée dans le gâteau est ressortie sèche)

Démouler le gâteau (attendre quelques minutes après la sortie du four) puis l'arroser avec le sirop de pochage des fruits.
Servir bien frais

 

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les fameux nashis ou pomme-poire ou poire japonaise

 

PS : Je n'avais plus de poudre d'amande dans mes réserves, j'ai donc haché finement des amandes entières. C'était super bon car on retrouvait des petits morceaux d'amandes croquants.

Au final, un bon gâteau sain : pas de beurre ni de sucre, juste de l'huile d'olive, de la poudre d'amande et du miel. Et un bon goût d'amande ! La fève tonka apporte vraiment ce goût unique que j'affectionne tant (un peu moins pour l'Homme qui apprécie moyen l'amande amère... mauvais souvenirs de classe ? T'aimais pas la colle Cléopatre chéri ?)
En revanche, je ne pense pas qu'on puisse reconnaître le goût du nashi, on croit manger de la poire.
Deux belles découvertes en tout cas !