J'aime toutes les saisons. Chacune a un charme si particulier. Même ce printemps pluvieux n'arrive pas entièrement à saper mon moral. J'avoue, je râle un peu en me réveillant et en entendant les gouttes d'eau frapper sur le toit mais c'est plus parce que j'aimerais profiter d'une belle journée pour jardiner, faire un pique-nique, ramasser les fleurs de sureau ou encore faire des photos lumineuses pour le blog. 
Il pleut ? Et bien qu'à cela ne tienne, mes bottes en caoutchouc sont mes meilleures amies en ce moment et pas question que je sacrifie balade et cueillette. Il faut d'ailleurs en profiter car les petites asperges sauvages, les"ornithogales" pointent le bout de leurs boutons floraux vers le soleil depuis déjà trois semaines.

Pour venir jusqu'au petit village où j'habite, on traverse d'immenses plaines de maïs en monoculture depuis des années. Les palisses n'existent plus et le vent est piquant. Nous avons bien planté une haie pour nous en protéger à notre arrivée, il y a deux ans mais les arbustes peinent un peu dans cette terre argilo-calcaire et puis ils ne peuvent pas former une haie protectrice en deux années seulement...
Ce que par contre, on ne s'imagine pas, c'est que nous sommes juste au bord d'un vallon où coule un petit ruisseau. Et que si on emprunte le chemin juste sous la maison, c'est un petit paradis paisible que l'on découvre.

Petit cheminNB : avec la photo, on pourrait croire que c'est un large chemin où il est facile de se promener... Vous m'imaginez peut-être en longue robe blanche vaporeuse et pieds nus, sautant telle une nymphe des bois, un panier à la main (vous vous souvenez des photos de David Hamilton ?)
Et bien que nenni ! En fait, là, la commune a passé le tracteur et le gyro il y a 15 jours donc ça fait très romantique et tout et tout... Mais pour le côté pratique et terrre à terre, la nymphe, elle met des bottes ; sur certaines portions le chemin ne voit jamais le soleil donc elle a les pieds mouillés même à 3 h de l'après-midi. Et ce n'est pas mieux avec la gadoue, résultat des pluies des derniers jours. Bah oui, la boue se sied point trop aux petits pieds délicats de la nymphe... Et elle revêt également un bon vieux jean sous sa robe légère car les orties et les herbes folles lui arrivent à la ceinture... Un peu moins plaisant, je vous l'accorde, mais tout aussi bucolique. Oui, je sais, un mythe s'effondre... je suis désolée...
Ma fille, qui vient de découvrir la photo, me dit texto : "il rend pas du tout pareil qu'en vrai le chemin !"


Ce petit chemin recèle d'une grande biodiversité végétale : aubépine, sureau, églantier, clématite (de la viouche comme on dit chez nous), noisetier, fusains... De quoi abriter et nourrir de nombreuses espèces animales.
Les chênes, noyers, frênes, merisers couvrent le reste des coteaux et une plantation de peupliers court le long du ruiseau parfois à découvert.
Les sous-bois couverts d'ail des ours et d'asperges sauvages succèdent aux pentes boisées et aux clairières impénétrables recouvertes de chardons, d'orties et des fleurs variées.
Les petites asperges poussent sous le couvert des arbres et s'echappent même sur les bords du chemin.

Ornithogale des Pyrénées ou aspergettel'ornithogale des Pyrénées ou aspergette

C'est ainsi que l'on peut croiser les nombreux habitants de ce petit coin ; cela peut être des chevreuils en grand nombre par chez nous, des écureuils, de nombreuses espèces d'oiseaux mais aussi des couleuvres en train de se chauffer au soleil et surtout des insectes les plus variés.
Il y a d'ailleurs deux petits coins que j'affectionne beaucoup ;  je les ai appelés "le coin aux papillons" et le "coin aux libellules" (nom qui d'ailleurs n'a rien d'exact car ce ne sont pas des libellules qui viennent se poser sur les noisetiers mais des demoiselles, leurs ailes étant réunies une fois posées au contraire des libellules qui ont les ailes étalées).
Les papillons ont élu domicile dans cette petite clairière impénétrable pour moi. C'est une véritable pouponnière où les "paon de jour", les "carte géographique", les "Robert le diable", les "flambé" et autres lépidoptères trouvent les plantes hôtes qu'ils affectionnent quand il sont encore des chenilles. Et également du nectar à foison quand toutes les "mauvaises herbes" fleurissent.

 

 

Mon petit chemin recèle bien des trésors et il faut savoir s'arrêter, regarder d'un peu plus près et prendre le temps.
Entre deux averses, je parcours la campagne avec un sac en papier et mon appareil photo. D'une main je cueille et de l'autre j'immortalise le ballet des amours des punaises arlequin, les demoiselles qui sèchent leurs ailes transparentes au soleil ou encore les escargots à l'assaut des hautes herbes.

Sans titrePunaises arlequin / Escargots / Demoiselle / Ciguë


Puis je rentre paisiblement en cherchant comment accommoder les plantes que j'ai glanées. Aujourd'hui, ce sera des muffins aux asperges et fromage de chèvre.

Muffins aux asperges des bois et des jardins et chèvre1

Pour une douzaine de muffins :
125 g de farine de blé
une pincée de sel
poivre
1/2 sachet de poudre à lever
2 oeufs
100 ml de lait ribot
50 ml d'huile d'olive
50 g d'emmenthal râpé
75 g de bûche de chèvre
1 petit bouquet d'asperges sauvages
quelques asperges des jardins


Éplucher soigneusement les asperges pour enlever la partie dure et fibreuse. Les laver et les faire cuire dans une casserole d'eau bouillante salée environ 10 à 15 minutes. Laisser s'égoutter.
Faire cuire les asperges sauvages dans de l'eau bouillante salée environ 3 minutes et les plonger dans de l'eau bien froide pour stopper la cuisson. Elles gardent ainsi leur belle couleur verte.

Préparer la pâte à muffins : dans un saladier verser la farine, le sel, le poivre et la poudre à lever.
Dans un autre récipient, mélanger les oeufs, le lait ribot et l'huile.Mélanger les deux préparations puis ajouter le gruyère râpé.

Couper les asperges pour ne garder que les têtes et détailler le fromage de chèvre en cubes.
Garder bien-sûr les queues des asperges pour faire une tarte, les ajouter à une poêlée de légumes ou une salade.
Placer des petites caissettes individuelles dans des moules à muffins. Verser un peu de pâte puis déposer un morceau de fromage de chèvre et quelques têtes d'asperges. Verser à nouveau de la pâte puis terminer par des asperges pour décorer le dessus des muffins.

Enfourner th 6 pour 15 minutes. Vérifier la cuisson des muffins en plantant un couteau, la lame doit ressortir sèche.

Muffins aux asperges des bois et des jardins et chèvre2

Asperges des bois

Avec ce billet, je participe (in extrémis encore une fois) au Monday Muffins # 39 organisé cette fois par Marie, la gagnante de l'édition précédente et qui a pour thème le muffins repas.